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L'amour du travail bien fait

N° 16

Posted on March 9 2013 by Affirmative Afrique

Dernière parution du Magazine Transports et Tourisme International CWA (Central and West Africa)

Dernière parution du Magazine Transports et Tourisme International CWA (Central and West Africa)

Désespérément, et c’est à laisser les bras tombés, dans notre région de Afrique de l’Ouest et du Centre, jadis pourtant, large espace d’une bonne organisation de son industrie des transports aériens, et aujourd’hui encore potentiellement si prometteur en développement, l’économie globale du transport aérien est comme atteint d’une incurie profonde, paralysante et ruineuse de ses ressources formidables, de ses talents avérés et interdite de se référer des réussites de son passé. Progressivement elle en voie de disparition. A l’ouest, 95% du trafic est assuré par les compagnies étrangères à la région.

Les conséquences ne semblent émouvoir personne, les acteurs de cette économie eux-mêmes, pas plus que les puissances publiques nationales, qui, inexpertes et/ou très mal informées, se laissent manœuvrer par des lobbies extérieures autrement plus puissantes, qui dispersent les forces nationales, neutralisent les flux naturels de synergies régionales, et nous laissent dans cette situation d’impuissance et de paralysie de gens complexés, de traine honteuse et de formidables gâchis à coups de milliards, avec les faillites à répétition incessantes. Les ardoises laissées par ci - par là, avec les Air Sénégal, Air Sénégal International, Air Mauritanie, Mauritanie Airlines, Air Guinée, Air Guinée Airlines, Air Ivoire, Ivoire Airways, Air Togo, Gambia Airways, Air Mali, Mali Airlines, Camair, Cameroon Airlines, Nigeria Airways, Ghana Airways, Air Gabon, Gabon Airlines, Air Gabon International, et j’en oublie, car le lexique est infini.. s’élèvent à plus de 500 milliards de nos rares et pauvres francs. Mais ce n’est pas fini, on n’est pas maso pour rien, les déficits structurels des exploitations annuelles, continuent, avec les mêmes et on recommence, repeints et rebaptisés, Senegal Airlines, Mauritania Airways, Camairco, ASKY, Air Guinée Internationale, Air Côte d’Ivoire, Air Burkina… Poufff !!! Arrêtons…C’est plus de 1000 milliards que le transport aérien coûte à cette région pour rien…

La crise du transport aérien en Afrique de l’Ouest et du Centre a commencé à se révéler avec la disparition d’Air Afrique. Le secteur était, dans les années 1970 et 1980, dynamique, avec des compagnies long-courriers dans presque tous les Etats (Air Afrique, Nigeria Airways, Ghana Airways, Air Mali, Air Guinée, Gambia Airways, Cameroon Airlines, Air Gabon, etc.), contrôlant environ 60% de leur marché.

Aujourd’hui, dans la région, les compagnies non africaines ont transporté 75% du trafic long-courrier, avec 454 182 249 passagers, contre 151 394 083 pour les africaines. La proportion atteint même 95% pour l’Afrique de l’Ouest.

Dans une conférence de l’AFRAA, Monsieur Christian Folly Kossi, ex Sécrétaire Général de cette Association expliquait cette sinistrose par la globalisation dans le transport aérien, qui a mis un terme à la protection dont bénéficiaient les compagnies aériennes du Sud, généralement de dimension trop petite, sous-capitalisées dans un marché où l’argent est excessivement cher, avec des avions souvent inadaptés pour être compétitives. Le ciel africain est en conséquence complètement dominé par South African Airways (7 525 000 passagers par an), Egyptair (6 800 000), Royal Air Maroc (4 832 000) et Ethiopian Airlines (2 800 000).

« A ce niveau de trafic, il est difficile de faire de l’argent », explique-t-il. La solution coule de sens. « Arrêter de faire dans l’infiniment petit ». Il faut donc stopper la création de compagnies nationales, qui flattent coûteusement l’orgueil national avant de sombrer irrémédiablement. Je veux ajouter la cécité de la gouvernance politique de nos responsables dans ce domaine si stratégique et structurant, à fort potentiel de ressources, de know how, de transfert de technologie. Car c’est nous mentir que de croire et de laisser croire, que nos puissances publiques n’ont rien à y faire. L’expérience d’Air Afrique, est malheureusement souvent brandie comme épouvantail, pour laisser n’importe quels capitaux vouloir prendre droit de cité dans ce domaine qui est aussi du domaine régalien, même si tout le monde en convient, les états ne doivent s’y autoriser à gérer eux-mêmes.

Hier, voilà presque une année, c’était en Avril 2012, les circonstances de notre politique régionale donnaient comme actualité des événements politiques majeures : élections présidentielles sénégalaises qui venaient juste d’être bouclées un mois avant, dans la foulée d’autres présidentielles ivoiriennes juste 9 mois avant, je faisais alors cette vibrante profession de foi épistolaire au Président sénégalais :

« Mais ce que nous ne pouvons pas seul, nous le pouvons à plusieurs, par l’association de nos forces régionales, dans un cadre organisé, comme jadis, avec la chevauchée fantastique de Air Afrique, qu’aujourd’hui tout le monde pleure, les états eux-mêmes, les travailleurs et les techniciens du transport aérien, les usagers et le public régional, les aviations civiles des différents pays, etc…

Très vite, je suggère de prendre une initiative diplomatique en direction de la Côte d’Ivoire, pour renouer avec une tradition qui a réussi dans le passé, afin de jeter les bases d’une intégration de nos moyens dans ce domaine du transport aérien. Les circonstances font que, peu ou prou, nos deux pays se retrouvent dans la même situation. Il ne s’agit pas de rater cette occasion historique.

Si hier, Houphouet Boigny et Léopold Sédar Senghor Senghor avaient réussi la prouesse de mettre sur pied Air Afrique, qui a pu exister plus de 40 ans durant, avec beaucoup de succès économiques multiformes, aujourd’hui les circonstances placent Alassane Ouattara et Macky Sall dans une position historique privilégiée pour reprendre le flambeau et jeter les bases d’une des compagnies régionales qui, potentiellement peut devenir l’une des puissantes en Afrique. A l’instar de ce que sont Royal Air Maroc et de Egyptair au nord de l’Afrique, Ethiopian Airlines et Kenyan Airways à l’est ou South Africa Airlines au sud du continent. Ce faisant, sans nul doute, ils entraineront tous les autres pays de la zone UEMOA et de la CEDEAO qui vivent la même communauté de destin. Et déjà, il existe actuellement des leviers sur lesquels tout le monde pourra s’appuyer pour organiser la rationalité économique dans ce domaine de l’aérien, après beaucoup d’années de gâchis de toutes parts. Il ne s’agit pas du passé faire table rase, mais partir de l’existant pour intégrer les moyens et rationaliser l’activité. C’est surement la voie. Il y faut de la volonté politique, de la détermination des responsables au plus haut niveau et de la coopération entre nos états. Je crois que Macky Sall et Alassane Ouattara peuvent porter cette grande initiative régionale sans coup férir. Leur deux pays en ont les moyens. »

Oh ! Dieu !!! Que de réponse, NENNI !!! La dispersion des forces continue, vouée comme toujours, absolument à l’échec. Qui prend des paris !!! Ils sont ouverts….

Je sais bien que d’autres regroupements sont en œuvre…. Mais sont-ils les meilleurs ??? L’intégration doit être sui-generis, de part nous-mêmes, et par nous-mêmes, impliquant nos acteurs économiques dont c’est la vocation, les puissances publiques bien sûrs (je vois déjà qui rigolent…) nos aviations civiles, nos aéroports, nos regroupements d’agences de voyages, nos institutions régionales, et nos institutions de financements…et bien sûr des investisseurs étrangers…

Je crois bien à l’ouverture à des groupes extérieurs, mais ils ne feront pas notre développement à notre place.

CE QUE NOUS NE POUVONS PAS SEUL, NOUS LE POUVONS A PLUSIEURS

N° 16
Comment on this post

Arnaud_Bakpa 03/17/2013 12:38

Vouloir c'est pouvoir